LA TARASQUE
Autre fois, entre Arles et Avignon, s’étendait une épaisse forêt composée de chênes verts, de taillis de lentisques, de cadiers et de pins. Il y avait aussi sur les bords du Rhône, des marais, des sables mouvants et des prés sur lesquels soufflait le Mistral.
C’est là, dans ces marais et ces sables mouvants que vivait un monstre. Il était vraiment très laid, à moitié mammifère et à moitié poisson. Il avait une tête de lion, son échine était tranchante et ses flancs étaient hérissés d’épines et d’écailles le tout sur une carapace. Sa queue était celle d’un serpent, ses pâtes, il y en avait 6, ressemblaient à celles d’un dinosaure et elles se terminaient par des griffes d’ours. Il avait l’haleine fétide et son souffle était si brulant qu’il pouvait allumer un incendie.
Il passait son temps à se vautrer dans la boue au fond d’un trou. Les gens des environs avaient très peur de lui car il mangeait tout ce qui passait près de son territoire, homme, femme, enfants, animaux et même il s’attaquait aux bateaux qui passaient sur le Rhône pour croquer quelques marins. Les soldats avaient bien essayé de lui décocher des flèches, de lui lancer des piques, des gros cailloux ou de l’huile bouillante, mais rien ne lui faisait mal.
Un jour, les gens en ont eu assez, il fallait faire quelque chose. Alors, douze jeunes hommes, biens forts, décidèrent de tuer le monstre. Ils s’armèrent de gourdins et de frondes et s’en allèrent du côté du repère du de la bête. Ils attendirent, longtemps qu’elle sorte de sa tanière. Soudain, ils la virent. Elle était en train de manger un bœuf. Un des jeunes hommes cria :
« Hé, mais ce bœuf est à mon oncle !! »
Mal lui en à pris, car la bête les repéra et leur sauta dessus et les massacra. Seulement deux d’entre eux purent en réchapper mais ils furent traumatisés pour le restant de leurs jours.
Ce fut tellement horrible que personne n’osa plus en parler. Et comme cette terrible scène s’était déroulée au bord du Rhône, là où l’eau du fleuve s’engouffre furieusement sous les flots, un endroit appelé tarusco, on donna au monstre le nom de tarasque.
Les années passèrent, et la tarasque continuait à terrifier les habitants de la région. Et puis un jour, plus rien ! Plus de tarasque ! Etait-elle partie ? Ou bien morte ? Non, elle reparu au bout d’un mois et terrorisa encore plus la population. En fait elle avait pris un peu de temps pour muer.
Excédés, les habitants eurent l’idée de l’attirer dans un marécage dont le sol aspirait tout ce qui se posait dessus. Pour l’amener vers ce lieu, ils attachèrent plein d’animaux le long d’une corde qui se déroulait jusqu’à ces fameux marécages. Mais la tarasque n’était pas idiote, elle coupa la corde et la tira jusqu’à attraper tous les animaux, qu’elle englouti sans mettre une pâte sur les sables mouvants.
Un soir, arriva au village, une dame nommée Marthe. Elles entendu parler de la tarasque et demanda ce que c’était. On lui dit que c’était un horrible monstre qui mangeait tout et terrorisait la population depuis longtemps. Marthe leur dit de ne pas s’inquiéter, qu’elle irait voir la tarasque le lendemain. Les gens la prirent un peu pour une folle, car elle n’était pas assez forte pour s’attaquer au monstre. Le lendemain, elle alla laver le linge au fleuve, juste à côté du repaire de la bête, qui sorti en criant :
La tarasque : « que fais-tu ici ? »
Marthe : « je m’appelle Marthe et je viens du pays de Judée de l’autre côté de la mer »
La tarasque : « tu n’as pas peur de moi ? » poursuivit la tarasque.
Marthe : « pourquoi, je n’ai aucune raison de te craindre. Et toi, que fais-tu ici et quel est ton non ? »
La tarasque : « je m’appelle la tarasque et je suis si hideuse que les gens ne peuvent me regarder et mon haleine est si fétide que les gens ne peuvent respirer. »
Marthe : « moi, cela ne me dérange pas. » dit Marthe tout en lavant le linge. « Approche et dis-moi ce que tu veux »
Et sous les yeux des pécheurs médusés, voilà Marthe et la tarasque en grande conversation.
C’est ainsi que Marthe apprivoisa la tarasque et lui passa autour du cou sa ceinture de ruban bleu. La tarasque était revenue à de meilleurs sentiments car elle se sentait aimée. Marthe l’amena ainsi au cœur de la ville, douce et soumise. Seulement, les habitants qui avaient tellement eu à souffrir des méfaits de la bête, se jetèrent dessus et la tuèrent à coup d’épieu sans entendre les protestations de Marthe.
C’est depuis ces évènements qu’a été instituée, dans ville de Tarascon, une procession chamarrée et endiablée, en mémoire de la disparition de la Tarasque.
Vue par nos enfants: